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Clarifier avant de communiquer

ArticleMartin BlanquerMartin B.

Ton message est clair dans ta tête. Tu le présentes en réunion. Personne ne réagit. Le founder pose une question qui montre qu'il n'a pas compris le point principal. Tu reformules. Ça ne passe toujours pas. Tu sors de la salle en te disant que tu aurais dû mieux préparer tes slides.

Le problème n'est pas les slides. Le problème n'est pas ton éloquence. Le problème, c'est que ta pensée n'était pas claire avant que tu ouvres la bouche.

Le vrai problème

Un message confus n'est jamais un problème de mots. C'est un problème de pensée.linkedin Le symptôme est un message confus. La cause est une réflexion inachevée.

C'est un piège courant chez les PMs parce que le métier pousse à communiquer en continu. Un standup, un point d'alignement, un email au founder, un message Slack à l'équipe. Le temps de structurer ta pensée n'existe pas. Alors tu communiques à la volée, avec l'information qui te vient, dans l'ordre où elle te vient. Et tu te demandes pourquoi ton audience décroche.

Barbara Minto a formalisé le problème il y a 40 ans : on pense de bas en haut (des données vers la conclusion), mais on doit communiquer de haut en bas (de la conclusion vers les données).modelthinkers L'effort de communication n'est pas de trouver les bons mots. C'est d'inverser l'ordre naturel de ta pensée.

Ils n'avaient pas fini de penser. Ils ne savaient pas quelle était leur conclusion, ou pourquoi elle importait pour leur audience, ou quelle question précise ils essayaient de résoudre. Et aucun template de slide ne peut résoudre ça.

Le test SCQA

Le SCQA est un test en quatre champs — Situation, Complication, Question, Answer. Si tu peux les remplir, ta pensée est prête. Si tu bloques sur l'un d'entre eux, c'est là que le travail commence.

Situation

Le contexte factuel que ton audience connaît déjà. Ce qui est vrai et non controversé.

Complication

Ce qui a changé ou ce qui pose problème. Le tension point.

Question

La question implicite que ta complication soulève dans l'esprit de ton audience.

Answer

Ta recommandation. C'est par là que tu commences quand tu communiques.

Le SCQA est un outil de pensée, pas un template de slide.parametricpro Tu ne le montres jamais tel quel à ton audience. Tu l'utilises en amont pour vérifier que tu sais ce que tu veux dire.

Le SCQA te dit quoi dire. Pas comment le dire. Et le comment dépend de ce que tu attends de ton audience : qu'elle comprenne, ou qu'elle décide.

Structurer pour informer : STAR

STAR (Situation, Task, Action, Result) est fait pour informer : un statut update, un retour de retro, un post-mortem, un compte rendu de test utilisateur.

Situation

Le contexte factuel. Où en est-on ? Quelles sont les conditions de départ ?

Task

L'objectif précis. Qu'est-ce qu'on cherche à atteindre, et pourquoi ?

Action

Ce qui a été fait concrètement. Les décisions prises, les étapes suivies.

Result

Le résultat mesurable. Chiffres, impact, écart par rapport à l'objectif.

STAR est chronologique. C'est sa force et sa limite. Il raconte ce qui s'est passé dans l'ordre où ça s'est passé. C'est parfait pour un reporting factuel. C'est insuffisant pour convaincre, parce qu'il ne met pas en avant l'insight, la raison pour laquelle ton audience devrait s'en soucier.

Structurer pour convaincre : PEARL

PEARL (Problem, Epiphany, Action, Result, Learning) est fait pour convaincre : un pitch de feature, un arbitrage de roadmap, une escalation, une demande de ressources. La différence clé avec STAR : PEARL met l'insight en première position — l'Epiphany. Pas ce qui s'est passé, mais pourquoi ta recommandation n'est pas évidente et pourquoi elle est bonne.

Problem

Le problème tel qu'il existe. Quel dysfonctionnement ou friction observe-t-on ?

Epiphany

Le déclic. L'insight qui change la lecture du problème.

Action

La réponse proposée. Ce qu'on recommande de faire à partir de cet insight.

Result

L'impact attendu ou mesuré. Ce que ça change concrètement.

Learning

La leçon transférable. Ce qu'on en retient au-delà de ce cas précis.

Jackie Bavaro (ex-Head of Product chez Asana) a créé PEARL autour d'une idée simple : "The more your decisions were obviously right, the lower your level."jackiebavaro Autrement dit, si ta décision était évidente, n'importe qui l'aurait prise. Ce qui montre ton niveau, c'est de voir ce que les autres n'ont pas vu.

En pratique

La question n'est pas de mémoriser trois acronymes. C'est de savoir lequel appliquer et quand.

Tu viens de voir les mêmes données — le lancement Espagne — structurées avec STAR puis avec PEARL. Avec STAR, le head of growth sait ce que tu as fait, mais pas ce qu'il doit décider. Avec PEARL, il a un insight, une recommandation et une décision à prendre. Les données sont identiques. La structure change tout.

Mais la structure ne suffit pas. Tu peux avoir un PEARL parfaitement construit — si tu n'as pas clarifié ta conclusion en amont, tu convaincras de la mauvaise chose. C'est pour ça que le SCQA vient en premier. Il ne se voit jamais dans le livrable final. Personne ne te félicitera pour l'avoir rempli dans ta tête avant une réunion. Mais c'est lui qui fait la différence entre un PM qui entre dans une salle avec une idée vague et un PM qui entre avec un message.

Le test de clarté

La prochaine fois que tu prépares un message important, fais le test.

Tu peux résumer ta conclusion en une phrase ?

Si tu bloques sur l'une d'entre elles, tu n'as pas un problème de communication. Tu as un problème de clarté. Et la solution n'est pas un meilleur template. C'est 10 minutes de réflexion silencieuse.

Tu as tes réponses ? Teste avec un vrai sujet.

SCQA
Situation
Complication
Question
Answer
Playground

La prochaine fois que tu sortiras d'une réunion où ton message n'est pas passé, tu sauras que le problème n'a jamais été les slides.

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